Rien n’est simple
Quand le soir vient
Aux mélancoliques
Quand vient l’obscurité
Ton cœur s’émeut
Et ton corps aussi
Cet « Obscur objet du désir »
Rien n’est simple
Quand le soir vient
et jette sur toute chose
son inquiétante et noire clarté
Rien n’est simple
Quand le soir vient
Aux mélancoliques
L’activisme forcené
des jours alors s’apaise
comme « le jour s’oppose à la nuit »
Montent les angoisses
tourments
Longtemps réprimés
Souvent occultés
Bannis
les voilà les voici
Les voila qui viennent en foule
frapper à ta porte
Les voici qui viennent en foule
frapper à la porte
de ton cœur
Ton cœur délesté de son armure de « faire »
Ton cœur égaré dans l’obscure clarté
du crépuscule
Rien n’est simple
quand le soir vient
Aux mélancoliques
Ferme ta porte aux fracas multiples
Ferme ton cœur aux fracas du monde
fracas intimes aussi ferme leur ton cœur
Juste le temps d’une nuit pour :
S’absorber sur le vol en piqué des choucas
sur le clos des poules
Sentir du chien la chaleur de sa tête
posée sur ta cuisse
Admirer la jolie fleur venue
sur la mauvaise herbe qu’hier,
tu voulais arracher
Ferme ton cœur à l’accessoire
pour mieux l’ouvrir
à l’essentiel
Apprivoise toi la solitude
L’infinie
Parfois délicieuse solitude
de l’être
Rien n’est simple…
Et pourtant.