Le monde serait gris sans ce joli chat qui
Jaune citron se prélasse
Endormi sur ta page
aux couleurs des dimanches
Le monde serait gris sinon ce chat qui
jaune se prélasse
alangui sur ta page
Ta page de couleur blanche
Le monde serait gris
s’il n’y avait pas sur tes routes
Tes routes de pluie
et tes chemins de pluie,
cet arbre, ce grand arbre gris
Quelque feuille incarnat, accrochée à ses branches
Erable ou siccomor’ ces arbres aux noms sonores
qui roulent dans ta bouche, accrochant les regards
Le monde serait gris sinon ces champs morts
Tous soudain reverdis
Et du petit jardin l’herbe
que la pluie déjaunit
Sous le cerisier
Quoi de plus joli dans la campagne verte
Petite et ramassée autour de son clocher
Que cette église grise et son chapeau pointu ?
Quoi de plus doux pour ce cœur anthracite
qu’endeuillé, triste,
il s’allège soudainement
A l’aune claire,
du sourire rose
d’un passant
Quoi de plus beau que voir au dessus des toits gris
un peu de bleu, assez pour
disait mon papa docte
assez pour y coudre
une redingote
de sergent
Le monde serait gris
sinon ce chat qui
jaune citron se prélasse
alangui et tranquille
endormi sur ta page
aux couleurs des dimanches