Dans la chambre de la jeune accouchée tous ont tenu à venir voir le bébé. Gaby est là qui vient de rentrer et devant l ‘affluence reste un moment tout contre la porte contemplant très émue cette charmante nativité. Elle qui avait toujours regretté de ne pas avoir eu de fille dévore Emma des yeux et n’en revient pas de se trouver tout soudain pourvue non seulement d’une fille mais aussi d’un troisième petit fils et maintenant d’une arrière-petite fille.
La veille François et elle ont dormi chez Léna, Celles-ci sont devenues ou faut-il dire redevenues ? de bonnes amies. Gaby depuis le mémorial est bien sûr allée quelques fois chez Emma mais elle est aussi venue plusieurs fois à Paris. elle dort chaque fois chez Léna dans cet immeuble qu’elle a habité jeune fille et ne passe jamais sans tristesse devant la plaque du souvenir apposée depuis peu lui a dit Léna. Elles ont toutes les deux longuement évoqué le souvenir de Martha et de Gunther. Léna lui a montré les rares photos qu’elle avait conservées, une rectte de falafels que Martha lui avait copiée… Lui a raconté ce qu’elle se rappelait de son accouchement et de la naissance et petite enfance de la petite Emma, A évoqué avec beaucoup de douceur les circonstances de cette naissance.
Gaby depuis qu’elle se sait être Greta retrouve progressivement des souvenirs et quelques sensations, La main de sa mère sur la joue. Les retours chaleureux de son père, le rire en cascade du bébé lorsque Gunther la faisait sauter sur ses genoux. Elles sont retournés au Mémorial, ont consulté le livre rédigé par les époux Klarsfeld qui recense les noms des juifs partis dans les camps convoi par convoi et donne aussi les noms des trop rares survivants.
Martha figure dans la liste des noms du convoi n°12. Celui parti de Beaunes la Rolande le 29 juillet 1942. Elle n’est pas revenue. Ca Léna le savait déjà qui avait fait cette recherche des années auparavant, s’était étonnée de ne pas retrouver dans ce convoi ni dans aucun autre les noms de Greta et Emma. Elle avait conclu à une omission…Gunther lui est parti de Drancy par le convoi n°10 au début du mois. Il fallait laisser de la place pour la grande rafle qui se préparait !
Gaby secoue la tête, revient au présent et s’avance vers Léa et Pierre pour les féliciter. Contemple le bébé , « son arrière-petite fille » songe-t elle avec un sentiment d’irréalité. Puis ressort d la pièce est petite et elle se sent un peu étourdie, elle reviendra un peu plus tard avec son homme. François n’a pas voulu rentrer, « trop de monde a-t il dit mais vas-y toi j’aurai tout le temps de faire la connaissance de ce bébé plus tard !«
L’infirmière passe la tête par la porte faussement grondeuse »pas plus de trois visites en même temps normalement
Personne ne l’entend, un aéropage de femmes se penche sur le berceau,
Ernest, un peu en retrait , contemple lui Léna : S’abandonne à son vieux cœur qui bat une petite musique qu’il n’avait pas connu depuis fort longtemps.
« Comme elle est belle s’exclame Emma je peux la prendre ? » et comme Léa exténuée d’un signe et d’un sourire permet elle prend le bébé qui aussitôt fouisse comme un petit animal contre sa poitrine. « Petite goulue » souffle-t elle tandis que tous éclatent de rire.
Léna les larmes aux yeux ne se lasse pas de regarder cette famille miraculée enfin réunie, C’est un peu son œuvre. Ernest lui fait un clin d’œil « si nous laissions cette jeune mère grand et ses enfants savourer ce moment ? Quatre générations dans la même pièce ça fait un peu beaucoup . Je vous invite à aller boire un café et nous pourrions ensuite aller au Gaumont il paraît qu’ ils repassent « la mélodie du bonheur ».
Emma se penche vers son père avec un petit sourire. « au cinéma tous les deux tiens tiens ». Dans ses bras la petite Lucile, (Lucile, Martha, Juliette) fait des bulles et sourit aux anges semblant s’associer à la plaisanterie de sa grand-mère. Emma pour la première fois depuis bien longtemps a le cœur en paix, Il lui semble après cette longue fuite, avoir trouvé sa place et fait la paix avec ses fantômes.
Pierre assis près du lit a le nez contre le cou de Léa et hume son odeur. Sueur un peu sucrée, odeur de lait. Léa lui sourit.
Dans la pièce surpeuplée, Pierre est conscient d’une autre présence, une fragrance presque imperceptible, quelque chose de mouvant dans l’ombre des persiennes. Il n’en parle pas aux autres mais lui en est certain. Dans cette chambre flotte le doux fantôme de Lucie.
Fin d’ « Un petit gant noir «
Merci ma Dom je me suis moi aussi tenue éloignée de l écriture et des réseaux je reviens doucement 😉 heureuse que ma fin te plaise je me demandais si elle n’était pas trop mièvre mais après toute cette souffrance il me semblait que mes personnages avaient bien mérité à un happy end. Des bisous
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Hello Cécile ! Loin des réseaux depuis de nombreuses semaines, je ne lis qu’aujourd’hui la suite et fin de cette saga familiale autour d’un petit gant noir. Je suis heureuse de cette fin douce, où les pièces du puzzle se réunissent enfin pour former un tableau plein d’émotions. Merci de nous avoir emmené au cœur de cette histoire romanesque et sensible. Les personnages sont attachants, la trame de fond nous rappelle qu’il ne faut pas oublier certaines parties de notre Histoire, somme toute pas si éloignée que cela.
J’espère que tu vas bien et que la rentrée n’a pas été trop douloureuse 🙂
Je t’embrasse. Amitié.
Dom
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