Sevrage

Le brouillard  dans sa tête  infuse
En jus opaque  dans ses sinus
Et contre ses tympans qu’il blesse
Supplie que sortir on le laisse 

Ce bruit est dans sa tête et l’agace
Tant il prend l’infâme toute la place
Clameur assourdie jusque dans ses osselets
Où s’engouffre en panique une  brume oppressée 

Le brouillard agard  joue dans son regard
A Colin Maillard  avec les garçons bouchers
Les cris stridents des couteaux affutés
Résonnent alourdis  comme au fond de la mare…

L’informe  brouet qu’est alors sa pensée
L’impose de bouger quand ses pas résonnent
Sous ses yeux brûlés en rondes monotones
Ils forment des cercles d’ondes propagées

Est ce pour cela qu’ Ambre  ?
Nuit après nuit  elle rêve
Quand les cris se taisent ?
N’avoir plus de jambes ?

Est-ce pour cela qu’Ambre
Nuit après nuit,  cauchemarde
Sa vue volée par la camarde
Ses yeux couverts de cendres ?

Étonnée au matin
D’être encore éveillée ?

Laisser un commentaire