Véronica

Mariana court, derrière elle elle entend ahaner les porteurs d’un brancard, sur ce brancard sa voisine de chambre arrivée hier et dont elle n a pas demandé le prénom. Elle songe et comme c’ est bizarre ce chagrin si futile au milieu des bombes qui fusent et dans cette fumée qui la prend à la gorge, qu’elles vont peut être mourir là, elle Mariana et cette femme dont elle ne saura pas le nom, pourquoi ne le lui a-telle pas demandé ? Elle court et se tient le ventre, exhortant son bébé à ne pas flancher, ca va aller ma petite ma douce on va s’en sortir. Elle court, trébuche et se relève, derrière elle le brancard toujours et sur le drap curieusement orné d’une grosse fraise rouge, la femme geint.

les porteursse se sont posés à l’abri précaire d’un pan de mur écroulé. Mariana se laisse tomber près d’eux, se tâte dans le silence assourdissant d’après l’attaque.

Silence d’autant plus assourdissant que sur le brancard la femme s’est tue, le tir d’obus tout à l’heure l’a touchée. Le bébé ne vivra pas non plus a dit un des porteurs miraculeusement épargnés.

Un photographe pleure, qui ne fera cette ultime photo, la femme morte et la femme indemne, l’ enfant mort caché, celui à venir.

Mariana incrédule sent alors qu’elle perd les eaux, et c’est là, dans cette accalmie, qu’un petit bonheur né d’un grand chagrin s’en vient au monde d’après la bombe.

Comment l’appelez vous interrogel’homme qui soutient la jeune maman et Mariana.

répond Véronica elle s appelle Véronica avant de s’évanouir.

Longue vie à Véronica et mort !!

Mort à la guerre qui tue, mort à toutes les guerres qui tuent les hommes, les femmes, leurs enfants. Solidarité à tous ceux qui souffrent, de quelque couleur ou religions qu’ils soient… du fait de nos égoïsmes, ignorances coupables, incuries, xénophobies, choix partisans…

Ne laissons la géopolitique des intérêts capitalistes nous hiérarchiser nos émotions et sentiments de compassion.

4 Comments

  1. Enlève leur leurs « jouets »…ils se battent encore avec leurs poings, tout ce que trouvent les hommes dont l’humanité s’arrête au premier métatarsien. Tous coupables et on sait pourquoi: le pouvoir, le fric.

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  2. Amusant (enfin si l’on peut dire) que tu parles de jouets de guerre parce qu on m a transmis il y a pas lgtp un texte de Roland Magdane datant de 1981 qui dit ça exactement. Nos gouvernants jouent à la guerre et nous en faisons les frais

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  3. Oui. Ce qui est terrible, c’est que les médias choisissent les morts « à audience », choisissent le camp de la douleur, du héros ou du coupable.
    Les civils en sont toujours pour leurs frais quelquesoit le drapeau.
    Un mort du Donbass vaut un mort à Kiev, en Lubie, en Irak ou en Arabie Saoudite. La même horreur du pouvoir, celui qu’il va falloir leur supprimer ainsi que leurs sales « jouets » de guerre.
    Aux âmes citoyens!

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