Sainte Chaussette priez pour nous

Selon un défi commun à Dom, Pat et moi dont vous trouverez les élucubration là : Dom/ et là : Pat

Autrefois il y a fort fort longtemps, si longtemps même que nul ne saurait le dater, les zumains vivaient en bonne intelligence et dans la joie malgré leurs différences totalement assumées. En ces temps très anciens en effet chaque village avait son savoir faire ou être et comme en ces temps là, c’était la même chose, on faisait avec ce que l’on était et réciproquement, les prénoms reflétaient la spécialité du village.

Ainsi à Labricole, petit village de caractère quoique un peu bruyant tant ses habitants avaient à coeur de rénover â tout va, les bricoleux et bricoleuses répondaient aux doux prénoms de Marteau Clou, Scie, ou Vis tandis qu’ à Lévaleursetsentiments, No-vice côtoyait Vertu, Bonté aimait tendrement Tendresse et Courage se pâmait devant la belle Bravoure. Quand au petit Moral, il jouait souvent avec Insouciance,… quand il ne jouait pas avec Chaussette !

Oui parce que tout près de Lévaleurs et le touchant presque à sa périphérie ouest s’étendait Ausabi, dont les habitants s’étaient spécialisés dans la confection textile et fournissaient depuis la nuit des temps en beaux vêtements toute la contrée. Chaussette et Moral n’allaient pas à la même école, chaque village avait bien-sûr son école, mais se retrouvaient souvent pour jouer aux billes et aux petits chevaux après leurs cours sur les places de l’un ou l’autre village. Or Insouciance qui ne l’était pas tant que ça en prit Ombrage et avec cette dernière, (une nouvelle venue à Lévaleurs que Moral n’aimait pas tellement, une faiseuse d’embêtements) vint se plaindre à Moral de ce que celui-ci ne jouait plus suffisamment avec elle, n’avait d’attention que pour Chaussette, cette drôle de fagotée, toujours les chausses à l’envers….

Justice la mère de Moral qui passait par là, entendant ce discours gronda les enfants de ce manque de charité dans les propos et priva Insouciance, Ombrage et même le pauvre Moral qui n’avait rien dit, de goûter.

Or les nouvelles circulaient comme aujourd’hui très vite bien qu’il n’y ait pas encore les réseaux sociaux, les zumains étaient tous reliés entre eux par une espèce de grande oreille collective, celle qu’on appellera un jour téléphone arabe et Ombrage outragée d’avoir été punie par Justice chuchota à Tempérance que Moral et Insouciance n’étaient plus copains parce qu’Insouciance avait insulté « grave » (oui ils avaient un drôle d’argot à l’époque les enfants) Chaussette , que cette Insouciance vraiment elle ne se soucie jamais des conséquence et d’ailleurs blablabla…

Tempérance le répéta à Camaraderie « tu sais pas Insouciance ce qu’elle a dit de Chaussette devant Moral ? et Blablabla… et celle ci bonne camarade mais manquant parfois de jugeote le répéta tiens justement à Jugeote mais étourdie mélangea tout « Alors Tempérance m’a raconté qu’Insouciance et Moral étaient fâchés parce que Moral avait mal parlé de Chaussette blalabla..

Et Jugeote qui en manquait singulièrement le raconta à Chemise qui lui en fit part à Short (court de partout et surtout des neurones…) qui s’en amusa tant qu’il le raconta à toute l’école d’Ausabi.

Quand Chaussette revint de l’école ce soir là elle arborait une petite mine toute défaite et comme chiffonnée, ses jolis motifs tout défraîchis, or quoique pas toujours effectivement tirée à quatre épingles, elle était plutôt coquette, arborant des couleurs audacieuses et assorties et personne ne la reconnut.

Il faut dire que jusqu’à cet incident, Chaussette était habituellement une petite fille très vive et très joyeuse. Elle s’enroula dans son drap de tristesse comme brodé en fil d’Écosse, et resta muette à toutes les affectueuses sollicitations de sa nombreuse tribu, la famille Smart. Elle refusa même de sortir pour aller goûter avec ses amis sur la place.

Vraiment la petite Chaussette n’a pas le moral clamait son grand-père Pantaléon qui se demandait comment le lui rendre, comment redonner le moral à la petite Chaussette ! Il ne comprenait ce brave vieux Pantaléon pourquoi sa petite fille redoublait de tristesses chaque fois qu’il déplorait son manque de moral…

Alors il a interrogé la Jaquette sa fille la mère de Chaussette, le Complet-Veston son gendre toujours très classe avec son prénom à rallonge mais toujours trop occupé à remettre en place sa cravate pour lui répondre, quand à la Cravatte elle même, l’institutrice, elle n’avait rien remarqué…. il interrogea même le petit Chausson son petit fils mais celui-ci ne savait pas et d’ailleurs ne comprit rien à cette histoire de chaussette et de moral.

Il cria du haut de ses 4 ans à pompons. – Comment ça y a pas le Moral dans la Chaussette ? Moi j’les ai vu jouer aux billes avant-hier qui riaient aux éclats et même quizont pas voulu d’moi.

La phrase fit beaucoup rire Pantaléon, Jaquette et Veston-Cravatte et fera rire même Chaussette plus tard lorsqu’elle se résoudra à aller dissiper le malentendu avec Moral.

La phrase devint pour des générations un gag familial. – Je n’ai pas le moral disait l’un, – ah tu as le moral dans la chaussette riait l’autre. Chaussette qui entre temps avait épousé Moral disait – taisez vous voyons ! en rougissant.

Bien des décennies plus tard, beaucoup de choses avait changé. Jésus était passé par là et l’habitude s’était perdue de donner des noms communs aux gens, on leur préférait les nom des saints qui ne voulaient rien dire mais faisaient croyait-on gagner son paradis. Une seule chose ne changeait pas : quand les gens n’avaient pas le moral ils disaient encore : -j’ai le moral dans les chaussettes. Ce qui est triste c’est que ça ne les faisait plus du tout rire comme antan…

Alors chers contemporains lorsque vous ne l’avez pas ! Pensez au petit Moral et à sa jolie Chaussette. Riez donc de ce mot d’enfant qui a traversé les temps pour vous offrir cette jolie expression.

Voici chers amis comment naissent des expressions et voici pourquoi Chaussette de son paradis là-haut est la sainte patronne (peu connue) des déprimés.

Mais au fait quand fête -t-on la Sainte Chaussette ?💖

7 Comments

  1. Pardon Cécile, j’ai mis du temps à répondre car il m’a fallu relire plusieurs fois tant il y a de personnages dans l’histoire et parce que ma concentration est faible ces temps -ci. Mais tu décris très bien l’ambiance de village un peu chamailleuse et jalouse que la vue d’une chaussette originale pourrait déclencher. Les blablabla, c’est bien connu…font le tour du monde et Dom t’en dirait des nouvelles…euh…déjà fait… Il ne me reste plus qu’à m’incliner devant ta chaussette reine et bisouter.

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  2. Excellent : Chapeau bas, chère Cécile ! L’inspiration est au rendez-vous et notre thème des chaussettes et du moral traité avec brio. On pourrait même en faire une BD tant les images sont là.
    Perso, si j’habitais à Ausabi, je pense que je serais Cha(t)rentaise, car j’aime mettre des parenthèse et j’adore les chats 🙂
    Bravo chère amie ! J’aime beaucoup ton texte.
    Biz et plein de bonnes choses à toi !

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