Dans la série des mots un texte : amnésie fatale

Son pariétal en berne mais avait il un jour fonctionné ? Il ne se rappelait plus où il avait planqué la came et les gros durs à ses trousses n’étaient pas des betas et seraient difficiles à berner.
Sûr, il allait encore se retrouver en cage ou pire dans la Seine avec une pierre aux pieds…
Trois petits cafés  noirs plus tard et bien corsés avait il dit au barman  il n’avait toujours pas retrouvé la mémoire et les trois whiskys  bus cul sec dans la foulée n’ont pas plus stimulé son cerveau.
Il a blêmi en entendant la sonnerie caractéristique de son portable, la chanson de Balou(on a tout pour être heureux) programmée un jour optimiste.
« Un autre a-t-il lancé au barman tout en consultant le message. »Si tu n’amènes pas la marchandise ce midi  comme prévu, fais tes prières et dis adieu à tes bijoux de famille »
Pas polis les gens  ni bonjour ni merci… Ne méritent pas la peine que je me suis donné pour eux…  Jouer le fanfaron ne trompait personne et surtout pas lui dont les  intestins  commençaient à se liquéfier.
Il n’avait plus qu’à se faire la malle illico, comme disait sa grande darone  il fallait « prendre du souci »… , Il allait déménager et le plus loin serait le mieux . Il avait entendu parler d’ un petit paradis sur terre  les Cayes dans les Caraïbes, que du sable et du corail et de l’eau  à perte de vue  : là il serait tranquille … 
C’est en rentrant à son appartement qu’il les a vus. Trois gros caïds tout matelassés de cuir noir Qui l’attendaient de pied ferme devant la porte.   Adieux eau, sable et corail… Adieux les Cayes … A t-il songé en tournant le volant pour aller s’encastrer dans le murs de l’immeuble. C’ est alors qu’il rendait l’âme la poitrine défoncée par le tableau de bord qu’il les a vus, les sachets de came, passant devant son pare-brise entre des  lambeaux de poterie, de plante verte… Le choc  ébranlant le  mur avait fait chuter la jardinière de son balcon.

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