Calamité chapitre chatiere chant seule livre filer
***
Seule avec son livre à filer les chapitres
Son chat qui entre par la chatière
Ne dérange pas son chant intérieur
Il faudrait rien moins qu’une calamité
Pour qu’elle arrête de lire.
***
Inspiré d’un fait divers récent
Elle file à l’anglaise entamant ainsi un nouveau chapitre de son existence
Enfin seule !
Sur ce livre là les pages sont vierges nulle calamité ne la poursuit et surtout pas eux les envahisseurs ceux qu’on croit chasser par la porte et qui reviennent par la chatière…
Et dans le silence béni de la première nuit , ce silence qu’elle ne goûtait plus depuis qu’elle savait, depuis des mois en fait, enfin elle a dormi, bien certaine qu’ils ne reviendraient plus, ses visiteurs de la nuit. Ceux qu’elle ne savait pas connaître avant que le juge n’égrène les noms, prénoms, états-civils… qui venaient à la barre qui : « non vraiment ne savaient pas, ne pensaient qu’elle dormait, la croyaient consentante »
Ces nuits là … qui depuis l’obsèdent.
Au matin, elle se réveille Tellement heureuse qu’elle voudrait chanter mais alors elle les entend, eux, leurs pas lourds et leurs voix … Surtout leurs voix … Celles que ce nouveau départ allait -pensait- elle- effacer !
Mais non ils étaient dans sa tête !!
Dans la nouvelle maison aussi, ils ont pris leurs aises, partout elle les voit et surtout les entend comme elle les a entendus au procès, et du fond de tout son être, la mémoire corporelle reconstitue à son insu ce qu’ils ont fait subir à son corps endormi… leurs grosses voix, les corps, leurs sexes…
Alors pleurant de rire elle a ouvert la fenêtre je suis plus maligne regardez je vous quitte et elle a enjambé le rebord étroit. Et comme les voix derrière se faisaient pressantes… Non ne fais pas ça reste avec nous…et parmi eux plus pressante encore celle de son mari. Elle a sauté…
Ou pas ?
C’est que c’est une battante à ce que disent les gros titres, la femme qui a subi l’abomination que personne ne peut ignorer tellement l’affaire est médiatisée. Lire plus que les gros titres (mais déjà très instructif ) est au dessus de mes forces, je refuse de céder à cette fascination morbide. Je salue la parole des hommes, qui prennent position pour dénoncer ces mentalités de prédateurs, l’ignominie de ces viols et s’en distinguer. Oui il existe une autre humanité et il serait réducteur de penser que tous les hommes sont potentiellement des violeurs, toutes les femmes potentiellement des victimes.
Je crois en la valeur de l’éducation, au respect mutuel, à l’amour qui élève et épanouit tou.te.s ci.e.lles qui s’y risquent. Je crois en un monde où ils n’y aura plus d’Hommes ni même seulement des hommes et des femmes, mais des humains avec une minuscule s’il-vous plait car êtres vivants parmi les êtres vivants, quelque genre ou sexe dont iels se reconnaissent.
J’aime beaucoup ton texte et je partage à cent pour cent le dernier paragraphe.
J’aimeAimé par 1 personne